J’ai lu pour vous : Bouge ta Galère, de Noël Boffet

Je préviens d’avance, aujourd’hui c’est gros gros délire.

« Bouge ta galère », c’est l’histoire super gaie de ces jeunes galériens du quotidien, ceux qui ne trouvent pas de taff parce qu’ils sont illettrés, qu’ils sortent de prison ou qu’ils ont un handicap. Ce sont ces femmes battues par leur conjoint, violées par leur père, etc. Ces gens qui malgré leurs efforts, n’arrivent pas à s’intégrer dans la société.

En temps normal, je lis pas ce genre d’histoires parce que ça me donne juste envie de sauter par la fenêtre. Mais cette fois ci c’était différent. Cette fois ci Bouge ta Galère est une association qui existe dans plusieurs villes de France, à Chalon sur Saône et au Creusot notamment. Et ce bouquin parle de gens que je connais, que j’ai pu côtoyer quand j’étais gamine aux messes de Noël ou chez moi notamment quand ma mère apprenait à lire le français à une jeune maghrébine (ouais on est des gens bien t’as vu). Ce livre a une importance particulière pour moi parce qu’il a été écrit par quelqu’un que j’aime beaucoup et que je considère comme un héros même si je sais qu’il m’engueulerait s’il me lisait. Il est décrit comme « Un peu fort en gueule, épris de justice, il sait aimer et bousculer les gens qu’il accompagne. Ce qui le rend heureux, c’est d’aider les autres à l’être »

Noël Boffet est prêtre (nul n’est parfait). C’est lui qui a fondé Bouge ta Galère et qui a décidé, un jour de partager ses nombreuses expériences au sein de l’asso, ses bonnes comme ses mauvaises. Il en a donc fait un livre (puis d’autres mais on en parlera pas ici), tiré de ses notes quotidiennes et a montré ce que c’était d’être jeune et précaire à Chalon (puisque c’est là qu’a été créée l’asso) et de misérer pour survivre, payer les factures, se battre avec le Pôle Emploi, la Sécu, être rejeté parce que noir ou tout simplement différent, se faire exploiter parce que « déjà qu’on leur file du taff, ils vont pas en plus demander d’être rémunérés au SMIC », bref c’est ce combat quotidien qui est décrit dans Bouge ta Galère et qui donne envie de coller ton poing dans la gueule de ceux qui disent que les chômeurs sont des feignasses, entre autres.

Ce livre, Noël l’a écrit en 1992. J’avais 8 ans, je le connaissais déjà très bien mais je ne l’ai pas lu à l’époque, j’étais juste complètement épatée de connaitre quelqu’un qui avait écrit un livre en plus d’être drôle, juste, toujours de bon conseil, de m’avoir fait passer mon BAFA et de m’avoir aidée dans certaines périodes reloues de mon adolescence (et là je me rends compte que Word connait le mot « reloues » mais pas « misérer ».).

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Noël est mort le mois dernier à 69 ans et a laissé plein d’orphelins inconsolables comme moi. Je ne crois pas (ou plus) en Dieu, il n’a jamais tenté de m’embringuer dans sa foi, il pouvait parler de la Star Academy et des capotes, c’était tout simplement quelqu’un de bien et il laisse un vide immense dans mon cœur et dans ceux de tous les gens qui ont pu croiser sa route. J’aimerais que plus de gens soient comme lui, tout bêtement. Son livre est court, il vaut la peine qu’on s’y attarde, je vous encourage vraiment à le lire. Et si l’asso vous intéresse, c’est par ici : http://www.bouge-ta-galere.fr/

Pour contrebalancer, mon prochain article sera sur le sens caché de la chanson «Ce soir c’est soirée disco ».

Lulu

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Concert : Muse @ Musilac, Aix les Bains, 13/07/2015

L’accouchement a été difficile mais ça y’est je me décide, 2 mois et demi + tard, à faire ma review de Muse à Musilac. Ca faisait 2 ans que j’attendais leur retour après le stade de France en 2013. Musilac avait prévu un bonus day spécial rien que pour eux. Il était clair que le line up prévu était juste là pour boucher le grand trou de la journée avant l’arrivée du groupe (je pense que TOUT LE MONDE, c’est-à-dire 35 000 personnes était là pour eux), sans vouloir cracher sur les groupes qui étaient là le 13. En même temps je suis mal placée pour juger vu qu’on est arrivés à 19h et qu’on a vu seulement Triggerfinger je crois (qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable d’ailleurs).

Je vous passe l’attente (toujours trop longue et qui nous rappelle à chaque fois l’attente au Reading où ma sista me demandait l’heure toutes les 5 minutes pendant le set d’Elbow. Triggerfinger ce soir-là, c’était Elbow), impossible d’être près de la scène ou du moins pas trop loin, l’intégralité du public étant là pour eux, ils s’étaient entassés depuis 15h et on s’est retrouvés entre les 2 régies, on voyait à peine la scène. Mais bon, on pouvait pas s’attendre à être aux 1ères loges vu notre heure d’arrivée.

Il a donc fallu attendre que la nuit tombe pour rendre l’arrivée de Muse encore plus spectaculaire. Et c’est le Drill Sergeant qui annonce le début des festivités en nous insultant copieusement, « YOUR ASS BELONGS TO ME NOW » « AYE SIR !! » (quand tu veux Matt tu sais bien), suivi de près par le démentissime Psycho, ce vieux riff qu’ils ont enfin transformé en chanson et où Matt me répète une nouvelle fois que mes fesses lui appartiennent (Aye Sir). La foule explose, on s’en rend surtout compte avec les kilos de poussière qui décollent du sol parce qu’on est quand même très très loin. C’est la 1ère fois qu’on se sent si extérieurs à un concert de Muse, on ne demande qu’à se rapprocher mais ce sera pas pour aujourd’hui, on ne peut pas faire un pas. Malgré tout je dandine mon grand corps malade et je chante comme si j’étais toute seule dans ma baignoire.

S’en suit un classique, Supermassive Black Hole, puis the Handler dont je suis tombée amoureuse à la 1ère écoute de l’album. Le groupe est en forme, mais le vent nous fait chier et le son part à gauche de la scène pour aller se noyer dans le lac. Petite frustration. Mais TUERIE. Ce falsetto bordel, mais ce falsetto ! Pour en remettre encore un coup, c’est Plug in Baby qui prend la suite, on saute sur nos 10 cm² AND MY PLUG IN BABYYYYYYYYY, CRUCIFIES MY ENEMIIIIIES, WHEN I’M TIRED OF GIVIIIING, WOOOH.

Puis Matt prend la parole et nous dit qu’ils vont jouer une chanson de Showbiz, je me fais presque pipi dessus en imaginant ENFIN avoir Muscle Museum ou Showbiz et le broie la main de ma sista. Mais non, c’est Uno qu’ils déterrent (les enfoirés !). C’est mieux que Madness donc on va pas se plaindre. Dead Inside vient ensuite, puis l’Interlude qui précède toujours une autre chanson culte, Hysteria. Puis Matiou part faire pipi et Dom et Chris font leur  Munich Jam.

Matiou revient et s’installe au piano. Mon cœur rate un battement, je croise les doigts et Dom entame l’intro de…Citizen Erased. On se met à hurler, ça fait depuis 2011 qu’on l’attend. Là j’entre réellement dans le concert et je suis aux anges. Surtout qu’ils continuent de nous gâter en enchainant avec…Apocalypse Please cette chanson merveilleuse dont le rythme joué par moi-même (entre autres) ivre est gravé à vie sur une vidéo enfermée à double tour. C’est la 1ère fois de ma vie que je l’ai en live, j’en ai les larmes aux yeux, c’est tellement beau bordel ! On enfonce le clou avec Supremacy, l’unique rescapée de l’ère The 2nd Law. En même temps c’est la meilleure. On a droit bien sûr à l’inévitable Starlight, puis Time is Running Out, toujours autant de plaisir à les entendre.

C’est Reapers, un autre très beau bébé de Drones, et Mercy qui se chargent de la clôture, avec une jolie explosion de confettis. Elle rend bien, Mercy.

Le groupe s’en va, pour revenir avec Uprising et terminer en apothéose avec MA chanson, Knights. On chante plus fort, on saute plus haut, je lance mes dernières forces dans la bataille, no one’s gonna take me alive. Mes chouchous sont copieusement ovationnés (des bougons vous diront qu’il y a eu des huées pour le son merdique) et se retirent, définitivement. Je suis épuisée mais heureuse. Mon groupe préféré avec une setlist de malade dans un cadre de rêve à 1h30 de chez moi. J’ai encore, des mois après, du mal à réaliser.

Je vais dire 2 mots sur les critiques entendues sur le net et autour de moi après le concert :

-oui, si tu fais moins d’1.70m et que t’es loin, il y a de grandes chances que tu ne voies pas grand-chose. C’est un festival, pas un concert en stade.

-Non le son était pas au top. Je suis pas technicienne donc j’ai mis ça sur le dos du vent, qui soufflait particulièrement fort ce soir là. Là où j’étais c’était pas non plus l’horreur, je sais pas ce qu’il en était ailleurs.

-On ne félicite pas les flics d’Aix qui n’ont pas fait leur taff correctement pour réguler la circulation à la sortie du festiv. Attendre debout pendant 2h30, ça fait long jvous promets. Rentrer à 5h du mat pour un festiv qui finit même pas à minuit à 1h30 de chez moi, ça fout un peu les nerfs.

Musilac s’en est pris plein la gueule, il y avait un groupe sur lequel il ne fallait pas se planter, c’était Muse. Pourquoi ? Parce que les fans sont des malades pleurnichards et jamais contents. Manque de pot, il y a eu des accrocs et tout de suite ça a été le lynchage. On va pas dire aux Musers de se détendre, je crois pas qu’il savent faire. Perso j’appelle ça les aléas d’un festival, ni plus ni moins. Ca m’empêchera pas d’y retourner parce que Musilac, moi je vous aime, même si je suis fan de Muse. C’était grand. Merci.

Lulu

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