Un petit tour de Sicile – Partie 1 : l’Etna

Non je ne vous ai pas lâchement abandonnés sans raison, je suis partie une semaine en Sicile pour les ponts du mois de Mai (Matt Bellamy bénisse la capitulation allemande et l’Ascension de Jésus, et surtout les jours fériés français puisqu’ailleurs ça n’existe pas. Bref).

Pourquoi la Sicile me direz vous ? Eh bien parce que ma môman est née à Palerme. Elle a quitté le pays quand elle avait 4 ans, et ça faisait 35 ans qu’elle y était pas retournée. 35 ans, ça veut dire que moi non plus j’ai jamais mis les pieds sur l’île. Elle nous a toujours dit à ma frangine et moi que quand on gagnerait nos vies, on irait tous les 4, on verrait où elle est née, on rencontrerait nos oncles, etc. Ce temps est enfin venu (c’est ma faute si on part si tard, j’ai tergiversé mille ans avant de me poser quelque part, et encore c’est loin d’être fini, sorry Mum) et voilà en gros ce que j’ai vu, et ce que j’en ai pensé.

Ci-dessous, une idée de notre trajet (admirez ma maîtrise totale de photofiltre) :

Carte Sicile

Donc pour vous situer, on est arrivés le dimanche soir à l’aéroport de Palerme. Un aéroport régional tout petit tout pourri mais on y a survécu. De là on a loué une voiture pour faire notre tour de l’île. On a dormi la 1ère nuit à Palerme et le lendemain, on a roulé jusqu’à Cefalù, puis Taormina, pour enfin trouver notre chambre d’hôte au pied de l’Etna le lundi soir. Le mardi matin a été consacré à l’ascension de l’Etna, puis on a roulé vers Syracuse pour la nuit. Le lendemain, visite de Syracuse, départ pour Trapani (loooongue route). Le jeudi matin tôt départ pour les îles Egades, puis retour sur la terre ferme, visite de Erice, et enfin retour à Palerme pour les 3 derniers jours. Oui, tout ça en 7 jours. Chaud. TRES chaud.

Pour le 1er article je vais juste parler de l’arrivée sur l’île et de l’Etna. Le 2ème  article englobera Cefalù, Taormina, Syracuse et les Îles Egades, et le dernier sera entièrement consacré à Palerme.

N’étant jamais venue ici, je m’imaginais une île toute plate avec juste un gros volcan au milieu qui toussait une fois par an. Grosse surprise quand l’avion a atterri à Palerme. J’ai cru que je débarquais sur l’île de Lost. Des énormes montagnes partout, qui coulent à pic dans la mer Méditerranée d’un bleu turquoise que j’avais encore jamais vu de mes vrais yeux. Le choc visuel.

Donc bref on descend et on va chez Europcar pour récupérer notre voiture. OF COURSE, c’est une Fiat, dans laquelle on réussit à caser les 4 valises, ouf. C’est à ce moment là que les ennuis commencent. Oui oui déjà. Parce que je sais pas si vous avez déjà conduit en Italie…mais en gros vous risquez une mort violente et spectaculaire à peu près toutes les 5 secondes. Notre hôtel était situé dans Palerme mais sur la carte ça avait l’air assez tranquille pour s’y rendre. MAIS BIEN SÛR. Le périph de Palerme à 19h (donc de nuit) ? Oh oui alors. Les gens qui doublent à droite sur la bande d’arrêt d’urgence ou qui créent une 4ème file, les queues de poisson, les coups de klaxon, ceux qui déboulent de nulle part, la route miniature absolument pas en sens unique pour monter jusqu’à l’hôtel ? OH OUI ALORS ! Gros moment de stress pour mon pôpa qui avait la lourde tâche de nous garder en vie, et pour nous aussi, si bien que quand on est arrivés devant l’hôtel, on a halluciné de voir qu’on était pas tous décédés d’une crise cardiaque. Une des pires demi heures de ma vie. Et puis 10 secondes après tu te dis que c’est que la 1ère demi heure de tes vacances et qu’il te reste encore 4 jours à passer sur la route. Tu kiffes. Et tu hésites à prendre direct un vol pour rentrer à Lyon, où les gens conduisent finalement pas si mal que ça. Telle que vous me lisez j’ai le cœur qui bat à donf rien que de vous le raconter.

Une fois les valises descendues on mange au resto de l’hôtel (pâtes, riz, tomates, mozza, normal quoi). Au moment du dessert on nous propose des fraises. Ma môman, pour rire « fragole di Spagna ? ». Le serveur en état de choc « Noooo ! Fragole di Marsala ! ». Ça va devenir notre running joke du séjour, l’indignation des italiens devant cette insulte à leurs fraises en les traitant d’espagnoles, c’est jouissif. Mais mamma mia, elles sont bonnes leurs fraises de Marsala.

Après cette journée difficile, on s’endort en 20 secondes. Le lendemain matin c’est le soleil qui nous réveille. On ouvre les yeux, on sort sur le balcon et là on se rend compte où on a atterri :

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On déjeune sur la terrasse avec la vue de ouf, le soleil, le beau temps, ça change. Mais on doit vite retrouver notre cercueil à roulettes pour être à 19h au pied de l’Etna. Je vous passe la journée puisqu’on en reparlera dans l’article 2.

Et donc on arrive à Nicolosi, la ville la plus proche de l’Etna. Même très très proche. Je me demande pourquoi les gens sont si inconscients de se mettre si près de ce truc, mais la terre volcanique est hyper fertile. Et puis notre hôtesse nous explique que la dernière coulée qu’ils ont failli prendre dans la tête date de 1989. Depuis ils ont réussi à détourner les coulées pour qu’elles n’atteignent pas les villes.

Bref, on veut voir le coucher de soleil  sur l’Etna parce que Monsieur Routard nous a dit que c’était magnifique. On remet quand même nos pantalons et un petit gilet parce qu’il parait qu’il fait frisquet à mi hauteur. Frisquet ? LOL. Glacial tu veux dire. 1er choc thermique. Mais on a réussi à choper des photos pas trop dégueu. Et on se dit que le lendemain matin on sera touuuut en haut. Lulu happy :-)

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(oui les couleurs de la végétation sont hallucinantes. Là je comprends l’histoire de la terre fertile du coup)

Mardi 7 Mai donc, on se lève tôt, on met des vêtements chauds et on se prépare à grimper l’Etna. On entend qu’aujourd’hui il est très énervé et que c’est probable qu’il pète. Hiiiiii !! Bon je vais pas faire genre on a marché mille ans, c’est pas vrai. Au programme : montée en bagnole jusqu’au refuge de Sapienza, puis vidage de compte en banque (57.50€ par personne la montée quand même), téléphérique, puis bus-4×4. Ouais ouais, ça existe un bus-4×4.

Je sais pas si vous imaginez un peu ce que ça donne un volcan vivant, mais en gros, plus on monte plus on a l’impression d’atteindre les entrailles de la terre, c’est perturbant. Au fur et à mesure de notre ascension, la végétation disparait pour être remplacée par des gros cailloux noirs, puis des petits, puis de la cendre. De grosses coulées de lave millénaire, centenaires ou décennales recouvrent les routes, les maisons, les ponts. Puis on se retrouve dans les nuages et se croirait dans les limbes.

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On continue à monter et on perce les nuages. Je m’étais renseignée un peu avant de partir, je voulais savoir s’il y avait de la neige là-haut. Des gens (mal informés donc) écrivaient sur les forums qu’il y en avait jusqu’en avril mais c’est tout. Mais en fait si si, y’a de la neige paaaartout. Sauf qu’on la voit pas parce qu’elle est recouverte…de cendres. C’est un paysage ultra déstabilisant, j’ai jamais vu ça de ma vie et c’est juste magnifique. Le trajet en bus entre ces montagnes de neige mêlées à la cendre, c’est unique en son genre.

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Du coup, autant vous dire que vous avez intérêt à BIEN vous habiller parce que là haut on se pèle les miches. Et qu’en plus de se peler les miches, il y a un vent de malade. Apparemment c’est pas tout les jours puisque le guide nous dit « bon aujourd’hui y’a trop de vent on pourra pas faire le tour de ce cratère ». En plus du froid et du vent, on a l’altitude : 3000 mètres. Ce qui signifie très peu de souffle. Et pour en rajouter encore, il y a une odeur de souffre pour bien te rappeler que t’es assis sur une bombe à retardement. Chaque pas est un effort et une bataille contre les éléments. Je vous fais grâce des photos de nous là haut, c’est…épique. Pour ceux qui n’ont pas envie de se trimbaler leur doudoune dans la valise pour des vacances au soleil, si vous voulez ils louent des blousons hyper chauds et des chaussures pour 2€ donc franchement, ne vous encombrez pas.

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Donc à la base, à la place de la Sicile il y avait de l’eau. Et puis sous l’eau, l’Etna a craché, craché, et encore craché. Et tout ce qu’il a rejeté est devenu la Sicile. La Sicile, c’est un volcan géant en fait. C’est pas la méga classe ? De part cette activité permanente, le sommet change de configuration à chaque éruption et si on revient dans 2 ans on reconnaitra plus rien. Il y a une multitude de cratères tout autour du principal. La plupart sont morts, mais d’autres se créent, c’est une activité incessante. On se rend d’ailleurs compte à un moment que quelque chose est enfoui sous la cendre : une maison. C’est un refuge qui s’est pris une éruption dans la tronche en 2003. Aïe.

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On passe à côté de fumeroles et on se dit hiiiii on va exploser ! Le guide nous explique que c’est de la vapeur d’eau, et que ça veut dire que ce cratère est mort. Déception. Par contre on voit des fumeroles rouges sur le volcan principal, et ça c’est mauvais signe quand t’es juste à côté. Mais visiblement ça n’inquiète personne, ok. Au refuge j’ai vu une vidéo où ils expliquaient comment ils avaient mis des années avant de réussir à maitriser les humeurs de Monsieur, et comment ils ont pu détourner les coulées pour qu’elles suivent un chemin pré-défini, à coups d’explosif en quantité colossale. C’était ma foi fort instructif.

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Bref on fait notre petit tour, on prend des photos, et on remonte dans le bus-4×4 pour faire le chemin en sens inverse. Vous pouvez faire toute l’ascension à pied si vous avez pas peur de perdre votre souffle. Ca monte beaucoup, et l’altitude réduit fortement vos capacités physiques, donc si vous n’êtes pas sûrs de vous, prenez le bus, c’est plus prudent.

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En redescendant, on enlève une à une les couches de fringues pour éviter un trop gros choc thermique. Sur la route du retour on s’arrête dans un virage pour aller voir une maison ensevelie. On reprend la route, la végétation est de retour, le beau temps aussi, et moi j’ai plein d’étoiles dans les yeux.

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Pour conclure, si vous allez en Sicile, vous DEVEZ aller voir l’Etna. C’est unique, magnifique, magique, et ça vaut VRAIMENT les 57.50€. Si on met de côté Palerme pour la valeur sentimentale, c’est mon plus beau souvenir du voyage.

(L’Etna n’a pas toussé ce jour là. Tant pis)

Lulu

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A propos Lulu

J'aime : Lyon la musique mes sistas mes camarades de culture le Nutella et l'Ovomaltine Crunchy la rebel tooth de Matt Bellamy les expos d'art contemporain parce qu'on rigole bien les éditions "pour les nuls" préparer mes voyages le thermomix de ma maman J'aime pas : Avoir les cheveux mouillés me lever le matin pour aller au taff que Facebook s'estime propriétaire de moi Etre malade les cruches les imprimés léopard et les jupes en sky
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8 commentaires pour Un petit tour de Sicile – Partie 1 : l’Etna

  1. ode dit :

    Salut, article super intéressant, d’autant plus que je pars à Palerme la semaine pro! :) Je suis impatiente de connaitre la suite!

    • Lulu dit :

      Ah bah merci :-). J’essaie d’écrire l’article 2 demain, mais celui sur Palerme sera sûrement pour + tard, ça vous laissera la surprise comme ça !

  2. Anonyme dit :

    Mouahahahahahahaa J’ai beaucoup ri en lisant la passage en voiture …Mais je sais aussi que je vais bien moins rigoler dans 3 semaines! Merci pour les info sur l’Etna!

  3. Mireille dit :

    J’étais en Sicile la semaine avant : j’ ai retrouvé mes impressions ( surtout pour la conduite …)
    J’y allais pour les volcans ( Etna , Stromboli …) J’ai eu droit à une éruption magnifique de l’Etna ; un rêve pour moi . J ai aussi découvert une ile d’une richesse incroyable . Beauté des paysages , vestiges archéologiques à chaque coin de rue , marchés aux poissons de Catane , des fruits des odeurs surtout au petit matin, prés des champs d’orangers…J’y retournerai bientôt

  4. Mireille dit :

    s’il vous plais pouvez vous supprimer mon nom et mon adresse je suis nulle en informatique ( trop vieille )

  5. Anonyme dit :

    c’est intemporel un blog, je suis tombé sur votre histoire en rehcerchant des images de l’aéroport de palerme, du coup cela fait une demi heure que je bosse pas et que je lis votre histoire BRAVO !

Je suis sure que tu as quelque chose d'intéressant à dire :-)

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